LES ORIGINES DU DESK SHARING

Ce nouveau mode d’organisation a pris son envol ces dernières années, mais n’est plus tout jeune. En effet, dans les années 1990, certaines entreprises notamment de consulting, comme Accenture ou Arthur Andersen, ont commencé à le mettre en place en voyant que leurs consultants étaient plus souvent en déplacement à l’extérieur que dans leurs bureaux.

De nos jours, ce mode d’organisation se développe essentiellement dans les entreprises de presse ou dans celle où l’on compte un nombre important de commerciaux. Certaines grandes entreprises comme Swiss Life, Sanofi ou encore Engie l’ont déjà testé et pour certaines adopté.

Cette tendance s’explique par un taux d’occupation des bureaux qui se réduit d’année en année face à la mobilité accrue de tous les salariés. De moins en moins de salariés sont présents toute la journée sur leur lieu de travail, ce qui peut pousser certains managers à tenter de rentabiliser ces espaces non ou peu utilisés.

POURQUOI CET EFFET DE MODE ?

Cet effet de mode est explicable tout simplement par la pression immobilière qui pèse sur les sociétés couplées à un contexte économique assez difficile.

L’argument premier est donc économique, les mètres carrés gagnés en rationalisant les différents bureaux se ressentent forcement sur la facture immobilière de l’entreprise. « Les entreprises cherchent de plus en plus à rationaliser le coût de l’occupation de l’immobilier, témoigne Denis Szkobel, de Bouygues Energies et Services. C’est le point de départ. » Autre témoignage pouvant expliquer la tendance du desk sharing, celui d’un conseiller en immobilier d’entreprise de chez Jones Lang Lasalle :  « En Ile-de-France, le taux d’occupation des bureaux oscille entre 50 et 60% ». Enfin, une étude a démontré qu’une augmentation de 15% du ratio d’utilisation d’un poste se traduirait par une réduction de coût de 25% par poste de travail. Nul doute que ce chiffre pourrait motiver certains chefs d’entreprise.

Mais l’argent n’est pas le seul élément à rentrer en ligne de mire. Les réflexions autour de nouvelles méthodes d’organisation de travail peuvent intégrer le desk sharing. En effet, on espère instaurer des relations davantage collaboratives entre les employés avec ce type d’aménagement. Puis, proposer des espaces à la carte pour les employés (plateau ouvert, salles de réunions, box d’isolement) avec des lieux de travail s’adaptant aux humeurs de chacun, permettraient de doper la productivité.